Je n’avais pas prévu de devenir céramiste 22 octobre 2026 – Catégorie: Perso

Il y a parfois des chemins qui commencent sans qu’on le sache. Pour moi, tout a démarré avec un peu de terre, quelques heures pour souffler et l’envie de faire autre chose. Depuis, mes mains ont pris une place que je ne leur connaissais pas.

Je ne fais pas partie de ces personnes qui ont toujours su ce qu’elles voulaient faire de leur vie. Les vocations précoces, les destins tout tracés, les rêves d’enfant devenus réalité… Je trouve cela très beau. Mais mon histoire est un peu différente.

Pendant longtemps, j’ai travaillé avec les mots, les idées, les projets et surtout les gens. La communication, puis le recrutement : deux métiers passionnants, qui m’ont appris énormément sur les autres et sur moi-même. J’y ai rencontré des personnalités, des parcours de vie, des envies, des doutes aussi.

Et puis, à un moment, j’ai eu besoin de faire autre chose. Quelque chose de plus manuel. Quelque chose qui ne passe pas par un écran, un rendez-vous ou une liste de choses à faire.

La terre, cette drôle de rencontre

C’est presque par hasard que j’ai découvert le modelage. Un cours, un peu de curiosité, les mains dans l’argile… et cette sensation assez difficile à expliquer.

La terre ne demande pas de savoir bien parler, de convaincre ou de trouver la bonne réponse. Elle est là. On la touche, on la presse, on la transforme. Parfois, elle résiste. Parfois, elle se laisse faire. Et parfois, elle décide de n’en faire qu’à sa tête.

J’ai aimé cela immédiatement. Pas forcément le résultat, qui n’était pas toujours à la hauteur de mes ambitions, mais le plaisir du geste. Cette façon de se concentrer sur une chose toute simple, de laisser le reste à la porte de l’atelier.

Très vite, j’ai acheté mon premier pain d’argile. Puis un four. Je créais pour moi, pour mes proches, sans imaginer vraiment où tout cela me conduirait.

Le temps a fait son travail. Les pièces se sont multipliées, les idées aussi. Et un jour, j’ai eu envie de montrer mes créations.

C’est ainsi qu’est né Claymee, mon petit univers de céramique artisanale.

Des objets qui ont le droit d’être imparfaits

Aujourd’hui, dans mon atelier de céramique à Dommartin, près de Lyon, je fabrique des pièces uniques : des bols, des assiettes, des plats, des objets de décoration, des totems pour la maison ou le jardin.

Je fais aussi de la sculpture. Un autre territoire, plus figuratif, où les visages, les silhouettes et les expressions humaines prennent une place particulière.

Je travaille la terre avec les mains, j’essaie, je recommence, je change d’avis. Je cherche une couleur, une matière, un équilibre. Il arrive que la pièce imaginée au départ ne ressemble plus du tout à celle qui sort du four. Ce n’est pas toujours un problème. C’est même parfois une bonne surprise.

J’aime les objets qui ne ressemblent pas exactement à ceux de tout le monde. Ceux qui ont une présence, une petite singularité, quelque chose qui accroche le regard ou donne envie de les toucher.

Une céramique faite main n’est pas simplement un objet que l’on pose sur une étagère. Elle peut accompagner un petit-déjeuner, accueillir les fleurs du jardin, égayer un coin de maison ou devenir un cadeau choisi pour une personne en particulier.

J’aime l’idée que mes créations trouvent leur place dans la vie des autres. Qu’elles deviennent familières, qu’on les utilise, qu’on les garde longtemps.

Créer, c’est aussi rencontrer

Il y a une chose que je n’avais pas forcément anticipée : la relation qui se noue autour d’une création.

Quand quelqu’un me raconte la couleur qu’il aime, l’objet qu’il imagine ou l’histoire derrière une commande, je découvre un petit morceau de son univers. Et lorsque je réalise une pièce personnalisée, je ne travaille plus tout à fait de la même manière. Il y a une intention, une personne, parfois un souvenir, derrière la terre.

C’est aussi ce que j’aime lorsque j’ouvre mon atelier ou que je propose un atelier découverte de céramique. Voir quelqu’un qui n’a jamais modelé de sa vie se lancer, hésiter, rire de son premier essai, puis repartir avec sa propre création.

Ce n’est pas une question de talent. Il s’agit plutôt d’oser essayer et de se laisser surprendre.

Je ne sais pas si la terre rend plus sage, plus calme ou plus philosophe. Je sais simplement qu’elle m’a appris à apprécier davantage le chemin que le résultat.

Je continue mon activité professionnelle dans le recrutement, et je poursuis en parallèle cette aventure artistique. Je n’ai pas de grande leçon à donner sur les reconversions ou les changements de vie. Seulement une expérience : il arrive qu’une curiosité, à laquelle on ne prête pas beaucoup d’importance au départ, ouvre une porte inattendue.

La mienne sent la terre humide, la poussière d’atelier et parfois l’émail fraîchement sorti du four.

Si vous passez un jour par Dommartin, vous êtes les bienvenus. Je vous montrerai mes pièces, mes essais, mes coups de cœur du moment. Et probablement quelques créations qui ne se sont pas tout à fait passées comme prévu.

Après tout, c’est aussi cela, créer : accepter de ne pas tout maîtriser, et continuer quand même.